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26.02.06
Vraie polémique récente au sujet du CAPC, musée d’art contemporain de Bordeaux. Il a été question pendant quelques jours d’y installer l’escale du livre (un des deux salons du livre de Bordeaux). Tollé général, relayé par des artistes internationaux (comme Annette Messager ou Daniel Buren, entre autres). De fait, l’organisation de ce salon (d’ordinaire il a lieu Place de la Bourse, mais des fissures dans les murs apparues depuis la construction du parking souterrain feraient courir un risque au public) entraînait la fin prématurée de l’exposition des chefs d’oeuvre du Musée.
Volte face de la Mairie, qui abandonne son idée. Et retour à la normale… C’est-à-dire à un Musée morne, qui n’a plus rien à dire et qui semble, à chaque exposition, un peu plus en crise.
Ce n’est pas par manque de qualité, c’est par manque d’âme, ou de souffle.
Les grandes heures semblent loin, où le CAPC cultivait un rang de challenger, parmi les plus prestigieux musées du monde. Personnellement quand je vois l’amoncellement des plus belles oeuvres dans la nef, je me demande s’il ne s’agit pas d’un adieu. Non pas la rétrospective d’un artiste, mais la rétrospective du CAPC…
Cette foutue nef… C’est exaspérant de lire sur les sites institutionnels que le cadre (les murs) du Musée est exceptionnel. Depuis le Guggenheim c’est archi faux et puis la réalité oblige à dire que les murs sont marrons sales, que l’ensemble est triste à mourir, que les abords sont d’une banalité affligeante (il est tout à fait possible de passer devant le Musée sans avoir envie d’y entrer) et que la grande nef ne vaut que si des oeuvres vraiment monumentales y sont présentées. Ce qui n’est pas le cas en ce moment.
Venons-en à l’expo “dormir rêver”. Grands artistes, oeuvres intéressantes. Je retiens Moebius et des dessins de Little Nemo trés intrigants, des photos de Nan Goldin et une oeuvre interactive, assez fascinante, où le visiteur choisit une galette vinyle qui illustre une simple photo montrant l’artiste, Laurent Montaron, en train d’enregistrer son modèle endormi.
Mais là encore, tristesse totale. Pas la faute du parti pris de l’expo ni de ce qui est exposé. La faute à l’ambiance : pas grand monde, pas de lumière, un accueil mystérieux (on vous tend un ticket et débrouille toi : pas de conseils, pas de flèches, rien, nada. C’est comme ça que je me suis aperçu, aprés être sorti du musée, que j’avais raté la dernière partie de l’expo).
Bref. Bordeaux côté sombre et déprimant.
Si vous aimez l’art, allez-y quand même. L’expo dure jusqu’au 21 mai. Le CAPC est ouvert tous les jours, sauf le lundi, de 11h à 18h et le mercredu jusqu’à 20h. Seule l’expo temporaire est payante (5 euros).